Le mastic de Chios : une larme grecque, naturelle et unique

Larme coulant de l'arbre à mastic
© Par Ailinaleixo (Travail personnel) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0) ou GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html)], via Wikimedia Commonsorg/licenses/by-sa/3.0)
Le mastic – ou mastiha en grec – est né sur l’île de Chios. Il a voyagé à travers le monde. C’est un produit naturel qui a été largement adopté et utilisé de différentes manières par les peuples de la Méditerranée Orientale. Un produit unique qui suscite, encore aujourd’hui, l’intérêt de la communauté scientifique internationale et est réputé pour ses nombreuses vertus.

L’arbre à mastic

Le mastic est une substance aromatique et résineuse qui suinte du tronc et des branches principales du lentisque ou arbre à mastic (Pistacia Lentiscus). Il s’agit d’un arbuste à feuilles persistantes de deux ou trois mètres de hauteur à développement très rapide. Il commence à produire du mastic dans sa cinquième année et a une durée de vie de 100 ans.

L’arbre à mastic pousse dans d’autres régions, notamment dans le bassin méditerranéen. Certains parmi ces arbres sécrètent une résine qui, à première vue, ressemble au mastiha de Chios. Mais en réalité, elle n’en a ni son goût, ni son arôme ni aucune de ses caractéristiques bénéfiques. C’est pour cette raison que le mastiha de Chios  a reçu le label produit AOC depuis 1997. Il existe des lentisques sur toute l’île de Chios. Mais le mastic n’est récolté que dans le Sud, dans les Mastihohoria (villages à mastic), où le climat est particulièrement chaud et sec.

L'arbre, la fleur et la résine du mastic
© chotda, Flickr / CC BY-NC-ND 2.0 – © Menelaos, Flickr / CC BY-NC-ND 2.0 – © Di Júlio Reis (User:Tintazul) – Original File, CC BY-SA 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=306310

Le mastic : une récolte qui se fait encore de façon traditionnelle

La production du mastiha constitue une occupation familiale. Elle demande un travail laborieux et un soin particulier tout au long de l’année. Pour extraire le mastic, on incise en été, à différents endroits, le tronc et les branches à l’aide d’outils pointus. De ces plaies, coule une résine jaunâtre sous forme de larme. Ces gouttes se solidifient au contact de l’air au bout de 15-20 jours en prenant une forme cristalline. Le processus d’incision des lentisques s’appelle « Kentima ». Ce qui en grec peut se traduire par « broderie, piqûre ».
Les larmes sèchent et coagulent sur les troncs et les branches ou même par terre, donnant ainsi l’odorant mastic. La légende raconte que les lentisques se sont mis à pleurer en voyant le martyre de saint Isidore torturé pour sa croyance du christianisme.

La résine est collectée à la mi-septembre. Elle est nettoyée à la main, pièce par pièce, pour être livrée à la Coopérative. L’Association des Cultivateurs de Mastic de Chios, créé een 1938, dispose jusqu’à aujourd’hui de l’exclusivité de l’exploitation du mastic. Elle développe son commerce, exploite le mastic et protège le produit ainsi que les producteurs.

Le mastic : un peu d’histoire

Dès l’antiquité, le mastiha de Chios fut reconnu, tant pour son arôme particulier que pour ses qualités thérapeutiques. Il est notamment réputé pour soulager les douleurs d’estomac. Il est considéré comme la première gomme à mâcher naturelle du monde ancien. Les femmes de Rome puis de Constantinople utilisaient du bois de lentisque comme cure-dent, comme blanchisseur, habitude qui a perduré jusqu’au Moyen Âge.

À l’époque byzantine, le mastic faisait partie des rares produits de luxe exportables de Constantinople. Il a rapporté aux caisses impériales du Gouverneur de l’île 120.000 pièces d’or.
 Le passage des Génois à Chios (1346-1566 ap. J.C.) a permis d’organiser le commerce du mastic en ouvrant les marchés de l’Ouest et de l’Est. Durant l’occupation ottomane à partir de 1566, les villages à mastic, autogérés, vécurent une période euphorique. Le mastic de première qualité était obligatoirement envoyé à Constantinople. Les principaux bénéficiaires étaient les 300 femmes du harem du sultan qui le mâchaient pour entretenir une haleine fraîche…

Où acheter du mastic ?

  • Sur l’île de Chios, bien sûr ! Vous en trouverez partout, c’est la spécialité de l’île.
  • A Athènes, dans le magasin Mastihashop (6 avenue Panepistimiou, métro Syntagma ou Panepistimiou). Ainsi que dans les épiceries fines, les supermarchés et à l’aéroport.
  • De retour en France : il existe un Mastihashop à Paris (47 Rue Censier, Paris 5). Vous en trouverez également dans les bonnes épiceries grecques, chez Ikio par exemple (2 rue Milton, Paris 9).
  • Dans les épiceries grecques en ligne : vous pouvez trouver du mastic de qualité dans les épiceries grecques en ligne comme Alpha Omega, Pantopoleio Epicerie Grecque ou encore sur le site Comptoir de Messénie. Nous avons testé (et approuvé !) ces trois épiceries grecques en ligne. Vous pouvez commander en toute confiance.

Cet article a été écrit par Dina Sintzanaki-Déprés

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